Ancien, neuf, terrain nu ou CCMI — obtenez une décomposition précise de vos frais d'acquisition selon votre département.
Les frais de notaire — plus précisément appelés "frais d'acquisition" — se composent principalement des droits de mutation (taxes perçues par l'État et les collectivités), des émoluments du notaire (sa rémunération réglementée) et des débours (frais avancés pour le compte de l'acheteur). Le notaire n'en conserve qu'une petite partie.
Dans l'immobilier neuf, les droits de mutation sont quasi-nuls (0,715% contre 6,32% dans l'ancien). En contrepartie, la TVA immobilière à 20% est incluse dans le prix de vente. Les frais de notaire dans le neuf se limitent donc aux émoluments et débours, soit 2 à 3% du prix.
Les frais de notaire sont la mauvaise surprise classique d'un achat immobilier. Ils sont pourtant entièrement prévisibles, à condition de partir des bons taux — et ceux-ci ont changé récemment. La loi de finances pour 2025 a autorisé les départements à relever leur taxe départementale de 4,50 % à 5,00 %, pour les actes signés entre avril 2025 et mars 2028. La grande majorité l'a fait.
| Situation | Taux total | Départements concernés |
|---|---|---|
| Taux plein après hausse | 6,32 % | La grande majorité des départements |
| Départements n'ayant pas voté la hausse | 5,81 % | Une dizaine de départements |
| Régime spécifique (Indre) | environ 5,09 % | 1 département |
| Primo-accédant, résidence principale | 5,81 % | Partout, hausse non applicable |
| Neuf en VEFA | 0,715 % | Partout |
Le taux global n'est pas un chiffre unique mais l'addition de trois prélèvements distincts, versés à trois bénéficiaires différents. Le notaire ne conserve aucune de ces sommes : il les collecte pour le compte du Trésor public.
| Composante | Taux | Bénéficiaire |
|---|---|---|
| Taxe départementale | 5,00 % (ou 4,50 %) | Le département |
| Taxe communale additionnelle | 1,20 % | La commune du bien |
| Frais d'assiette et de recouvrement | 2,37 % du droit départemental | L'État (DGFiP) |
Sur un bien ancien à 250 000 € dans un département au taux plein : 12 500 € de taxe départementale, 3 000 € de taxe communale, 296 € de frais d'assiette, soit 15 796 € de droits de mutation — exactement 6,32 % du prix.
Beaucoup de foyers croient payer le notaire. En réalité, sa rémunération représente moins de 1,1 % du prix du bien. Le reste part en impôts et en frais administratifs.
| Poste | Part du total | Bénéficiaire |
|---|---|---|
| Droits de mutation | environ 80 % | Département, commune, État |
| Émoluments du notaire | environ 10 à 13 % | Le notaire |
| Débours | environ 5 à 8 % | Administrations, géomètre, syndic |
| Contribution de sécurité immobilière | 0,10 % du prix | L'État |
La rémunération du notaire est fixée par décret et ne se négocie pas librement. Elle suit un barème dégressif par tranches, identique dans toute la France.
| Tranche du prix | Taux applicable |
|---|---|
| De 0 à 6 500 € | 3,870 % |
| De 6 500 € à 17 000 € | 1,596 % |
| De 17 000 € à 60 000 € | 1,064 % |
| Au-delà de 60 000 € | 0,799 % |
Ces taux s'entendent hors taxe : il faut ajouter 20 % de TVA. Un point utile à connaître : pour les transactions supérieures à 150 000 €, le notaire peut consentir une remise pouvant aller jusqu'à 20 % sur la part de ses émoluments dépassant ce seuil. Elle n'est jamais proposée spontanément — il faut la demander.
L'écart entre l'ancien et le neuf est considérable, et il tient entièrement aux droits de mutation. Dans le neuf, c'est la TVA à 20 % qui s'applique — mais elle est déjà comprise dans le prix affiché par le promoteur, ce qui crée une illusion d'optique : les frais annexes sont faibles, le prix au mètre carré ne l'est pas.
| Type de bien | Droits de mutation | Frais totaux |
|---|---|---|
| Bien ancien (plus de 5 ans) | 5,81 à 6,32 % | 7 à 8,5 % |
| Neuf en VEFA | 0,715 % | 2 à 3 % |
| Terrain nu | 5,81 à 6,32 % | 7 à 8,5 % |
| Terrain + construction (CCMI) | Mixte, selon la répartition | 4 à 6 % |
Droits de mutation (6,32 %) : 15 800 € · Émoluments TTC : 2 880 € · Contribution de sécurité immobilière : 250 € · Débours : 1 100 €
Total : environ 20 030 €, soit 8,0 % du prixDroits de mutation (5,81 %) : 14 525 € · Les autres postes sont identiques.
Total : environ 18 755 € — soit 1 275 € d'économieTaxe de publicité foncière (0,715 %) : 2 145 € · Émoluments TTC : 3 300 € · Contribution de sécurité immobilière : 300 € · Débours : 850 €
Total : environ 6 595 €, soit 2,2 % du prixSur des biens de prix comparable, l'écart entre ancien et neuf approche donc 13 000 €. Il ne faut pas en conclure que le neuf est moins cher : le prix au mètre carré y est généralement supérieur de 15 à 25 %, ce qui absorbe largement l'économie de frais. L'arbitrage se fait sur le coût total, pas sur les frais seuls.
Les frais d'acquisition ne couvrent pas la garantie du prêt, qui fait l'objet d'un acte distinct. Deux formules coexistent, avec un écart de coût important :
Demandez systématiquement à votre banque laquelle des deux elle applique : la différence peut atteindre 2 000 € sur un dossier courant.
Les droits de mutation ne se négocient pas, mais l'assiette sur laquelle ils se calculent, elle, peut être ajustée. Trois leviers fonctionnent réellement.
| Levier | Économie possible | Condition |
|---|---|---|
| Déduire la valeur du mobilier | 6,32 % de la valeur déduite | Plafonné à 5 % du prix, sur justificatifs |
| Remise sur les émoluments | Jusqu'à 20 % de la part au-delà de 150 000 € | À demander explicitement |
| Statut de primo-accédant | 0,5 point sur les droits | Résidence principale |
| Négocier les frais d'agence à la charge du vendeur | Sort les honoraires de l'assiette | À acter dans le compromis |
C'est le levier le plus utilisé et le plus souvent mal exécuté. Le principe : les meubles et équipements non incorporés au bâti ne sont pas de l'immobilier, donc ne supportent pas les droits de mutation. Leur valeur se déduit du prix soumis aux droits.
Ce qui peut être déduit : cuisine équipée démontable, électroménager, luminaires non encastrés, meubles, volets et stores non fixés, matériel de piscine hors-sol. Ce qui ne peut pas l'être : tout ce qui est scellé ou incorporé — chaudière, sanitaires, carrelage, placards intégrés.
Trois règles à respecter, sous peine de redressement : établir un inventaire détaillé et signé par les deux parties ; valoriser chaque bien à sa valeur vénale réelle, pas à son prix d'achat ; conserver les factures quand elles existent. L'administration admet en pratique une déduction plafonnée à environ 5 % du prix. Au-delà, elle regarde de près. Sur un bien à 250 000 €, une déduction justifiée de 10 000 € fait économiser environ 630 €.
Les frais sont versés au notaire le jour de la signature de l'acte authentique, en même temps que le solde du prix. Ils ne peuvent pas être financés par le prêt immobilier classique dans la plupart des montages : ils constituent l'apport minimal que la banque attend de vous. C'est la raison pour laquelle un achat dans l'ancien exige davantage d'apport qu'un achat dans le neuf, à prix égal.
Le notaire établit un décompte provisoire, généralement légèrement surévalué. Le trop-perçu vous est restitué après l'accomplissement des formalités, dans un délai de deux à six mois. Si ce remboursement tarde au-delà, réclamez-le : il n'est pas systématiquement envoyé sans relance.
Taux de droits de mutation vérifiés en septembre 2026 d'après les données publiées par la DGFiP. Le taux applicable dépend du département du bien et de votre situation ; il est déterminé par le notaire au moment de la signature. Barème des émoluments fixé par l'article A444-91 du code de commerce. Ces estimations sont indicatives et non contractuelles.